Plan de notre visite de Jérusalem :


Au cœur de Jérusalem se trouve la vieille ville, celle située à l’intérieur des remparts, avec une superficie de 0,86 km².

La vieille ville de Jérusalem est divisée en quatre quartiers :
– le quartier Arménien, au Sud-Ouest
– le quartier Chrétien, au Nord-Ouest
– le quartier Juif, au Sud-Est
– le quartier Musulman, au Nord-Est

Avant la création de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, 40000 chrétiens vivaient dans Jérusalem. Ils sont moins de 4600 lors de notre visite de Jérusalem en juillet 2010.

Notre guide nous a rappelé qu’auparavant, Jérusalem était une ville païenne. Aujourd’hui, elle est au cœur de conflits entre les trois religions monothéistes (le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam).


Jérusalem : la capitale spirituelle du monde juif
Source : http://www.la-croix.com

La Bible évoque Jérusalem pour la première fois en Gn 14,18, où il est question de Melchisédec, roi de Salem. Le sacrifice d’Isaac a eu lieu sur le Mont Moria, où fut établi plus tard le Temple de Jérusalem (Gn 22,2 et 22,14). C’est le roi David qui, remarquant les atouts naturels et stratégiques du lieu, quitta Hébron, où il avait installé sa capitale, pour Jérusalem, après avoir battu les Jébusites installés là depuis des temps reculés (2 S 5,5-9). Il revint à Salomon, fils de David et de Bethsabée, de construire au Xe siècle av. J.-C. le premier temple de pierre. Les tribus montaient vers ce sanctuaire unique, pour adorer le Dieu unique.

Jérusalem devint ainsi de manière indissociable une capitale politique et religieuse, où retentissait la voix des prophètes qui s’efforçaient de ramener le peuple au Seigneur Dieu. Détruit par les Babyloniens en 587 av. J.-C., le Temple fut reconstruit après le retour des exilés libérés par Cyrus, roi des Perses. Mais la ville ne retrouva jamais son autonomie politique. Elle tomba sous l’influence des Grecs, puis des Romains qui, au cœur de l’été 70 apr. J.-C., décidés à écraser une révolte juive, détruisirent le Temple reconstruit par Hérode le Grand. Une seconde insurrection juive, en 132, aboutit à la destruction totale de la ville.

Reconstruite sous le nom d’Aelia Capitolina, celle-ci sera dès lors interdite à la population juive. Menacé de disparaître, le judaïsme va se redéfinir, apprendre à vivre sans le Temple, autour de l’étude de la Torah et de la piété. Le souvenir de Jérusalem sera néanmoins, et jusqu’à aujourd’hui, entretenu, prenant une place importante dans la prière, imprégnant les rites et la vie. Et le 9 du mois Av, date symbolique de la destruction du Temple, deviendra un jour de jeûne.

Puisque le Temple unique était détruit et la Ville Sainte devenue inaccessible, s’est également peu à peu développée parmi les juifs de la diaspora l’idée d’une Jérusalem « spirituelle ». Cité que Dieu s’est choisie, « lieu d’origine », « mère de toutes les nations », Jérusalem est le lieu de la promesse et du rassemblement des nations qui adoreront le même Dieu au temps de la venue du Messie attendu. Selon le Talmud : « Le jour où le sanctuaire a été détruit ici bas, le Saint, béni soit-il, a juré de ne pas entrer dans la Jérusalem d’en haut avant la rentrée d’Israël dans la Jérusalem d’en bas. »


Jérusalem – les portes de la muraille

Source : http://www.terrepromise.fr/
Huit portes percent les murailles de la vieille ville de Jérusalem. Six de ces huit portes, tout comme les murailles, ont été érigées par le sultan ottoman Soliman le Magnifique, au XVIe siècle de l’ère chrétienne. Seules sept d’entre-elles permettent l’accès à la vieille ville.


Jérusalem – la porte de Jaffa

porte de Jaffa (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

La porte de Jaffa, située à l’Ouest, est la plus connue et la plus fréquentée.

Elle est souvent la première porte que franchissent les visiteurs qui se rendent directement à la vieille ville de Jérusalem après leur arrivée à l’aéroport Ben Gurion.

Seule porte percée dans le mur occidental de la vieille ville de Jérusalem, elle est donc aussi la plus empruntée par les juifs qui se rendent au mur des Lamentations à partir de Jérusalem-Ouest, c’est-à-dire la Jérusalem juive moderne.

La porte donne sur une place où se rejoignent le quartier chrétien, au Nord, et le quartier arménien, au Sud, et où se trouvent plusieurs auberges, cafés Internet et boutiques.

Elle ouvre la vieille ville en direction d’Hébron, comme son nom arabe l’indique (el-Khalil), mais aussi en direction du port antique de Jaffa, d’où le nom que lui préférèrent les autorités britanniques et les immigrants juifs au début du XXe siècle.

Le tracé actuel de la muraille qui entoure la vieille ville de Jérusalem ne coïncide que sur quelques courtes sections, avec celui du Ier siècle de notre ère. La porte de Jaffa date de l’époque de Soliman le Magnifique, mais est située à peu près à l’emplacement d’une porte qui existait à l’époque de Jésus. Tout près de la porte de Jaffa se trouve d’ailleurs les restes du palais d’Hérode, appelés la Citadelle. Lieu de résidence vraisemblable de Pilate à Jérusalem (Mc 15,16), elle est aujourd’hui transformée en un musée d’histoire de la ville.


Jérusalem – la porte Neuve

porte Neuve (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

En longeant la muraille vers le Nord, on arrive à la porte Neuve, la plus récente.

Celle-ci a été érigée à la fin du XIXe siècle, à la demande d’un ambassadeur français à Constantinople, pour permettre un point de communication entre la vieille ville et les institutions françaises du secteur, notamment le Centre Notre-Dame de France, où les pèlerins français logeaient.

À cette époque, les chrétiens d’Europe avaient fait l’acquisition de plusieurs terrains à proximité de la ville sainte, où ils avaient fondé diverses institutions dont l’hôpital Saint-Louis de France et l’École biblique et archéologique française.

La porte Neuve, percée dans la muraille nord, donne directement sur le quartier chrétien de la vieille ville.


Jérusalem – la porte de Damas

porte de Damas (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

En se dirigeant vers l’Est, on tombe sur la place Musrara, cœur de Jérusalem-Est, tout près de laquelle se trouve la porte de Damas, de loin la plus animée. Sur la petite esplanade, devant la porte, se tient chaque jour un marché populaire, toujours bondé et qui se prolonge à l’intérieur de la vieille ville.

La porte de Damas est la seule porte qui a été l’objet de fouilles archéologiques. La porte actuelle date de l’époque de Soliman le Magnifique, mais les archéologues ont retrouvé les vestiges d’une porte bien plus ancienne datant de l’époque de l’empereur Hadrien, au IIe siècle de notre ère, alors que Jérusalem avait été rasée et renommée Aelia Capitolina.

La porte de Damas tire évidemment son nom de la ville vers laquelle elle s’ouvre, et c’est pour la même raison que les juifs l’appellent plutôt la porte de Sichem. Les Arabes l’appellent Bab el-Amoud, c’est-à-dire « la porte de la Colonne ». On a compris l’origine de cette désignation lorsqu’a été découverte en Jordanie la célèbre « carte de Madaba », une mosaïque du VIe siècle de notre ère sur laquelle Jérusalem est illustrée. On y voit que la porte de Damas donnant sur une place au centre de laquelle se trouvait… une colonne. La colonne n’existe plus, mais le nom arabe de la porte en a gardé la trace au long des siècles.


Jérusalem – la porte d’Hérode

porte d’Hérode (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

Plus à l’est encore, proche du musée Rockefeller, la porte d’Hérode doit son nom aux pèlerins chrétiens du XVIe siècle qui identifiaient (à tort) une maison mamelouke non loin de là, à la résidence d’Hérode Antipas où Jésus aurait comparu (Lc 23,7-12).

Son nom officiel, celui que lui a donné Soliman le Magnifique son bâtisseur, est « porte des Fleurs ». C’est ainsi qu’elle continue à être désignée par les habitants de Jérusalem-Est qui la fréquentent principalement.

Elle donne accès à la vieille ville, par le quartier musulman. Peu fréquentée par les touristes, elle garde une atmosphère locale plus affirmée que les autres, me semble-t-il. À l’intérieur, sur la petite place, où de vieux Arabes passent des heures devant un grand verre de thé à jouer au backgammon, tout en fumant le narguileh, la pipe à eau (les Arabes disent « boire » le narguileh), des écoliers arabes en uniformes font la queue devant le marchand de bonbons.


Jérusalem – la porte des Lions

porte des Lions (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

La porte des Lions est la seule porte qui permet d’entrer dans la vieille ville de Jérusalem, par la muraille orientale. On y accède par la vallée du Cédron.

C’est par cette porte que les Israéliens pénétrèrent dans la ville lors de la guerre des Six Jours, en juin 1967. Son nom officiel est « porte du Jourdain », mais elle est mieux connue sous son nom hébraïque « porte des Lions », qui fait référence aux lions sculptés en bas reliefs de chaque coté de la porte (emblèmes du sultan mamelouk Baïbars qui fut en grande partie responsable de la chute du royaume latin de Jérusalem). Selon une légende, ces lions représenteraient ceux qui seraient apparus en rêve à Soliman afin de lui ordonner de construire les remparts de la ville.

En arabe, la porte se nomme plutôt « porte des Tribus », peut-être en référence aux tribus bédouines qui résidaient à l’Est de Jérusalem et qui accédaient à la ville par cette porte, ou encore « porte de Dame Marie » en référence à la maison des parents de la mère de Jésus, qu’une tradition situe à proximité.

Cette porte est souvent désignée par les chrétiens « Porte Saint-Étienne », bien que jusqu’au XIVe siècle ce nom ait été réservé à la porte de Damas, plus proche du lieu traditionnel de la mort du premier martyr chrétien. C’est près de cette porte que sont situés l’église Sainte-Anne (la piscine de Bethesda, Jn 5,2), le couvent des Soeurs de Sion (l’Ecce Homo) et le couvent franciscain de la Flagellation (début de la Via Dolorosa).


Jérusalem – la porte Dorée

porte Dorée (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

La Porte Dorée est la seconde porte de la muraille orientale. Elle est située un peu plus au sud, en face du Mont des Oliviers. Si on pouvait la franchir, elle donnerait directement accès à l’esplanade du Temple (ou des Mosquées), la grande terrasse où était situé le temple construit par Hérode. Mais elle est murée, et selon la légende elle ne se rouvrira qu’à la fin des temps.

Cette porte, devant laquelle se trouve le plus vieux cimetière musulman de Jérusalem, non loin du plus vieux cimetière juif, est en effet fortement associée aux temps derniers et à la résurrection des morts (voir Le mont des Oliviers). Elle est d’ailleurs appelée, en arabe comme en hébreu, « porte de la Miséricorde ». Le nom « porte Dorée » résulte quant à lui d’une confusion linguistique : la tradition chrétienne ayant identifiée cette porte avec la « Belle Porte » du récit de la guérison de l’infirme par Pierre (Ac 3,1-10), on a éventuellement confondu le terme grec horaia (« Belle ») et le terme latin aurea (« Dorée »).

La porte actuelle date vraisemblablement de l’époque omeyyade (VIIe s.).  Elle a été érigée au dessus d’une autre porte, encore plus ancienne,découverte récemment. Cette porte ancienne n’a pas encore fait l’objet de fouilles archéologiques en raison de sa proximité avec le cimetière musulman, mais ce serait celle-là qu’auraient empruntés Jésus et ses disciples lors de l’« entrée des Rameaux », s’ils sont passés par le mont des Oliviers comme le rapportent les évangiles (Mc 11,1-11 et par.).


Jérusalem – la porte des Maghrébins

porte des Maghrébins (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

La porte des Maghrébins est percée dans la muraille sud de Jérusalem. Elle donne sur le quartier juif de la vieille ville et sur le mur des Lamentations. En raison des risques d’attentats terroristes, un poste de contrôle a été érigé tout juste de l’autre coté de la porte. Tous ceux qui se rendent au mur des Lamentations doivent passer par une fouille et des détecteurs de métaux.

La porte tire son nom du quartier de la vieille ville, où des musulmans issus du Maghreb s’étaient installés au XVIe siècle. Les juifs l’appellent « porte des Immondices » ou « porte du Fumier », en référence à une des portes du rempart construite par Néhémie (Ne 2,13; 3,13-14).

Tout juste au sud se trouve le village arabe de Silwan et le site archéologique de la Cité de David.


Jérusalem – la porte des Sions

porte des Sions (photo : C. Boyer, www.terrepromise.fr)

La porte tire son nom de la montagne sur laquelle se trouve cette partie de la ville et qui fut appelée « montagne de Sion » à partir du IVe siècle de notre ère (malgré 2 S 5,6-9 qui situe Sion plus à l’Est). C’est là qu’aurait été enterré le roi David, selon la légende.

La porte de Sion est également appelée « porte du prophète David » en arabe. Non loin de là, à l’extérieur des murailles, on peut visiter un cénotaphe désigné comme le tombeau de David, situé dans le même bâtiment que le Cénacle, salle que la tradition chrétienne identifie comme le lieu du dernier repas de Jésus (Mc 14,12-28 par.). À proximité se trouvent aussi l’Abbaye de la Dormition, où la Vierge Marie repose dans un sommeil éternel, et Saint-Pierre-en-Gallicante, une église qui serait située sur la demeure du grand prêtre Caïphe, où Jésus fut conduit après son arrestation (Mc 14,53) et où Pierre l’a renié (Mc 14,66-72). Évidemment, ces identifications reposent moins sur l’historicité que sur l’attachement religieux à la ville sainte et ses environs.


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Découverte de la Terre Sainte : présentation générale du voyage


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